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Rétrosaure : La Grande Evasion (Bandai LCD Solarpower)

Il fut un temps où les jeux vidéo portables ne fonctionnaient pas avec des piles, mais avec l’énergie solaire. C’était compliqué pour y jouer la nuit sous la couette, mais cela a un avantage : pouvoir y rejouer trente-trois ans plus tard.

La gamme des Bandai LCD Solarpower est en effet sortie en 1982, soit deux ans après que les premiers Game&Watch soient commercialisés. Ils en reprennent grosso-modo le même format à clapet, à ceci près que là où le Game&Watch propose deux écrans, le Bandai LCD Solarpower dispose sur la partie supérieure d’une bande de cellules photovoltaïques lui permettant d’être alimenté en énergie. Quelques secondes à la lumière du jour, et c’est parti.

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La Grande Evasion, ou Breakout dans sa version américaine, fait partie de la première série de jeux Solarpower. Aux commandes d’un prisonnier, il va falloir, comme le nom l’indique, s’échapper de sa cellule, puis rejoindre la camionnette d’un complice à l’extérieur du bâtiment. Pour cela rien de plus simple : à l’aide des deux touches directionnelles, il va falloir procéder en deux étapes. La première consiste à scier les barreaux de sa cellule au nez et à la barbe du gardien qui fait sa ronde. Une fois ceci fait, il convient de traverser les alentours du pénitencier en évitant les chiens et les balles des gardiens postés sur les miradors. Impossible ?

La force de La Grand Evasion, c’est l’immédiateté de l’action. Le but est clair, et les contrôles également. Avec seulement deux touches pour aller à gauche ou à droite, il était difficile de faire plus simple. Lors de la première phase de jeu, notre personnage doit faire mine de regarder un calendrier coquin sur le mur de sa geôle. Le gardien fait sa ronde de manière aléatoire et peut surgir à tout moment. Il convient donc de surveiller ses allées et venues en haut de l’écran, pendant que l’on s’affaire à matraquer la touche de gauche pour scier les barreaux. Ces derniers sont au nombre de trois et il faudra être rapide pour en venir à bout avant que le maton prenne le joueur en flagrant délit. Si tel était le cas, c’est une vie en moins et le retour à la case départ. Sachant que le joueur n’a que trois vies pour faire le maximum de points, il vaut mieux la jouer fine.

Une fois la fenêtre franchie, tout est plus facile. A gauche de l’écran apparaîtra de temps à autres la camionnette de notre complice dans laquelle il faut s’engouffrer, et il convient juste d’éviter comme dans n’importe quel jeu de ce type tous les dangers qui arrivent par le bas et par le haut. Si les balles venant du haut sont plutôt simples à esquiver, prendre également en compte les chiens arrivant par le bas peut parfois être ardu, mais pas impossible. En cas d’échec, le personnage retourne en cellule sans perdre de vie. En cas de succès, il empoche cinq cents points supplémentaires, et récupère le droit de recommencer.

 

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Recommencer. Encore et encore. Comme tous les jeux de cette trempe, l’action s’accélère au fur et à mesure que les points s’engrangent, rendant l’action frénétique dans les plus hauts niveaux. Il devient de plus en plus complexe d’éviter le gardien lors de la phase de la cellule tant ses mouvements sont erratiques, et cela contribue à l’atmosphère stressante se dégageant du jeu. Les pouces tremblent, la moindre incartade étant sanctionnée… et chaque victoire laisse un ouf de soulagement s’exclamer.

L’aspect graphique du titre est également un atout. Technologie à cristaux liquides oblige, chaque étape d’animation est déjà établie, mais l’ensemble n’en est pas moins très réussi et l’utilisation du même fond pour les deux étapes est réalisé d’une manière astucieuse. Regardez donc ces superbes captures qui illustrent la page pour vous en rendre compte ! Les personnages ont d’ailleurs un design tout rond bien agréable, et on s’y attache rapidement (même à cet enfoiré de maton).  Le son par contre est un peu moins reluisant, mais après trente-trois ans on peut aisément pardonner les bip bip qui traduisent les coups de lime sur les barreaux de la prison.

 

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La Grande Evasion est une expérience fun qui rappelle à quel point les jeux d’il y a plus de vingt ans arrivaient à être immédiatement compréhensibles et amusants. Certes, ils n’avaient pas la richesse scénaristique d’un Persona ou les graphismes d’un Killzone (pour ne citer que des jeux portables), mais ils avaient ce petit quelque chose d’obsédant. Cette sensation qu’un meilleur score est toujours possible et que seule la détermination pourra en briser les limites. Ce sens du challenge qui fait que chacun veut tenter sa chance dans une succession d’appuis frénétiques sur les deux pauvres boutons qui ont, pendant des années, subi les pires sévices.

Bref, La Grande Evasion, c’est du fun en écrin de plastique, qui rappelle que l’essentiel n’est parfois pas où on l’attend.
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